« L’art de la simplicité » ou apprendre à vivre zen.
Publié dans Pour l'entourage, Pour les adeptes de l'organisation, le 26/03/2009 à 8:01, par benjaminhkbCe matin, j’ai ouvert mon placard pour piocher un t-shirt propre. Et là, j’ai failli me faire écraser par la pile de vêtements qui s’y entassent ; j’y trouve des pantalons datant de plus de 10 ans, des t-shirts ayant appartenus à mes grands frères ou encore des vêtements troués et complètement déformés. J’ai bien-sûr récupéré précipitamment un t-shirt et refermé la porte. Mais si les vieux objets inutiles restent bloqués par la porte, leurs effets négatifs débordent largement du placard pour encombrer durablement mes pensées et ma vie. C’est ce dont j’ai pris conscience en lisant « l’art de la simplicité » de Dominique Loreau.
Dominique Loreau est une femme vivant depuis plus de vingt ans au Japon. Dans son livre, elle compile les pensées et les expériences issues de sa recherche personnelle sur l’art de vivre idéal, notamment inspiré par son pays d’adoption. Elle y explique en quoi nos vies baignent dans une telle complexité que nous nous en rendons plus compte. Nous perdons alors en bonheur et en efficacité, empêtrés dans des noeuds devenus invisibles. Son ouvrage offre une solution à cette complexité ambiante sous la forme d’un ensemble de conseils pour apprendre à alléger nos vies et les rendre plus fluides et agréables.
Pourquoi la simplicité ?
La simplicité est une valeur dépréciée de notre société moderne. Selon Dominique Loreau, la société prône l’accumulation et en définitive nous fait oublier la qualité. Car la simplicité ne signifie pas posséder moins, mais signifie se concentrer sur l’essentiel, sur ce qui est de plus haute valeur.
Mais apprendre la simplicité, n’est pas simple. Ceci nécessite :
- d’améliorer son regard critique sur ce qui nous entoure, pour juger ce qui est de qualité,
- de développer son courage pour éliminer ensuite ce qui nous encombre.
L’auteur propose donc une sorte de cheminement pédagogique allant de la simplification de notre environnement, à celui de notre rapport au corps et finalement à notre esprit.
Simplifier son environnement
Tout d’abord, l’auteur parle de la maison. Eliminer le superflu signifie vérifier ce qui est vraiment utile ou non. Mais attention, à cette définition d’utilité. Pour l’auteur, « est utile » ce qui rend heureux. Un beau bouquet de fleur est utile.
Dans la maison, l’auteur conseille de regarder chaque objet un par un et de se demander si l’objet nous est réellement nécessaire. Un objet qui n’a pas été employé depuis un an ne l’est probablement pas.
Puis elle conseille de s’intéresser à la beauté de l’objet. Plus exactement à ce que provoque en nous cet objet quand nous le regardons. Si nous trouvons l’objet laid, alors nous devons réfléchir à un moyen de l’embellir ou de le remplacer par un objet du même type mais plus beau. Chaque meuble, chaque ustensile doit être comme un rayon de soleil quand on l’observe. L’objectif de ce tri est de finir par ne conserver que ce qui nous rend heureux à sa simple proximité.
Le vide est un aspect important dans la maison. Plus nous éliminons, plus il y a d’espaces dans les pièces. Ce vide souligne alors la beauté des objets qui restent. Un simple bol en terre cuite devient une oeuvre d’art s’il est ainsi naturellement mis en valeur dans la pièce. Dominique Loreau cite l’exemple des appartements japonais qui ne sont pas très grands et pourtant qui semblent être incroyablement vides. Le secret ? Des objets miniaturisés et de nombreux espaces de rangement, si possible dissimulés . Enfin, une pièce vide est un lieu de repos pour la personne qui s’y trouve. En y entrant, cette dernière peut laisser son être et ses sentiments s’y épanouir plutôt que d’être immédiatement agressé par le contenu de la pièce.
Une maison doit être un havre de paix où l’on peut se reposer des activités extérieures et du stress quotidien. Il faut donc rendre le lieu le plus paisible possible pour un entretien minimal.
Pour développer son sens de la simplicité, l’auteur conseille de s’inspirer de concepts philosophiques et artistiques comme le Feng Shui (art de l’organisation de l’environnement), les ikebanas (art japonais du bouquet de fleurs), l’esthétique du Bauhaus (courant architectural allemand) ou encore l’art des Quakers (meubles fabriqués par les communautés américaines réputées pour leur sens pratique).
Simplifier son rapport au corps
Dominique Loreau propose évidemment de prendre soin de son corps. Ceci passe notamment par l’attention portée à la nourriture. Nous sommes ce que nous mangeons, dit-elle. Privilégions alors la qualité à la quantité, avec notamment des produits issus de l’agriculture biologique.
L’auteur détaille aussi les avantages des jeûnes alimentaires. Principalement, ceci permet au corps de se purifier car en état de manque le il va devoir puiser dans ses réserves. Il éliminera alors en priorité les éléments les moins essentiels. (Attention, si l’envie vous vient d’essayer, un jeûne ne s’improvise pas.) A la sortie du jeûne, il semble que, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, on se sente mieux dans son corps et avec l’esprit plus vif.
Simplifier le rapport au corps a aussi pour conséquence de modifier le rapport aux vêtements. Dominique Loreau déclare que l’on peut ne posséder en permanence au maximum que sept vêtements de chaque sorte, toutes saisons confondues. Elle conseille donc d’ouvrir sa garde-robe pour n’y conserver que les vêtements qui nous tiennent le plus à coeur. Au lieu de la quantité, la simplicité force à s’interroger sur les vêtements qui, éventuellement souligné par un accessoire discret, iront le mieux ensemble quelque soit la situation. Cet exercice développe le sens de l’observation et de l’élégance.
Simplifier son rapport à l’esprit
But final du voyage, simplifier le rapport à l’esprit signifie pour Dominique Loreau se concentrer sur l’essentiel à savoir le bonheur et la paix. La simplification de la maison et du corps ne sont que des étapes vers ce but. Mais des étapes indispensables car il semble difficile de vivre de manière paisible dans une maison désordonnée et un corps en mauvais état.
Cette simplicité de l’esprit peut être atteinte en simplifiant nos relations sociales. Cela signifie notamment, selon l’auteur, de reconnaître parmi notre entourage les individus qui ont une influence négative sur nous et de savoir nous en éloigner. Dominque Loreau conseille de cultiver ses amis comme son jardin, en privilégiant quelques excellents amis plutôt que des dizaines de relations superficielles.
Enfin la simplicité au niveau de l’esprit survient en changeant nos habitudes mentales. Par exemple, en méditant fréquemment ou en faisant l’effort de lister les tâches que nous effectuons régulièrement pour éliminer celles sans valeurs. Les rituels, comme la cérémonie du thé, peuvent aussi aider à l’apaisement de l’esprit. La convention y libère le geste et enseigne à se concentrer sur l’instant.
Conclusion
« L’art de la simplicité » regorge de citations, de réflexions et de conseils qui m’ont aidé à mieux percevoir les sources de complexité et de tracas dans ma vie. Repérer dans mon appartement les choses inutiles est presque devenu un jeu. Ce livre m’a aussi enseigné à porter plus d’attention à la « qualité » des objets et des personnes qui m’entourent.
Je finirai juste sur une mise en garde par rapport à l’interprétation du livre. Parfois, cette recherche de la simplicité semble tourner carrément à l’intégrisme ou à l’obsession. Néanmoins ce côté un peu extrême me semble nécessaire car justement les choses s’entassent dans nos vies par paresse ou molesse d’esprit. Car on préfère rester dans le flou, ne pas prendre de décisions et conserver quelque chose d’inutile pendant des années alors qu’il n’y a quasiment aucune chance de l’utiliser un jour. Alors bien sûr, il se peut qu’en prenant la décision de se débarrasser d’un objet, on s’aperçoive quelques jous plus tard qu’il aurait été bien utile. Cependant, ces rares erreurs seront largement compensées par la liberté et la légèreté produite par l’élimination de tous les autres objets qui agissent comme des poids sur notre mental. Eliminer l’inutile pour conserver l’essentiel, c’est laisser de la place au présent plutôt que de revivre éternellement le passé.
Pour tous ces aspects, je vous recommande de lire ce livre… puis de le donner à un ami ou de le revendre pour ne pas vous encombrer de l’objet en lui-même mais ne garder que l’essentiel : ses idées et leurs mises en pratique.
(Si ce billet de blog vous a intéressé, n’hésitez pas à commander le livre en cliquant sur l’image ci-dessus. Vous ne paierez pas plus cher et Amazon me reversera quelques centimes d’euros qui m’encourageront à écrire d’autres billets.)
En savoir plus
- Dominique Loreau est devenue « consultante en simplicité »
). Une journaliste l’a invité à simplifier son appartement. Compte-rendu. - La simplicité avec en plus une sensibilité sociale et écologique, c’est la simplicité volontaire.
- « The paradox of choice « , une vidéo de la conférence TED où un psychologiste suggère que plus de choix entraîne non pas plus de bonheur mais plus de stress.




26/03/2009 à 08:03
La simplicité, c’est aussi apprendre à écrire des billets de blogs plus concis mais j’ai encore du travail à faire. ;o)
30/03/2009 à 23:05
« l’art de la simplicité » consiste aussi à auto-observer – de façon neuroconnectique – ce qui se croit « simple » en nous qui se met mécaniquement à avoir l’air « à la mode » en nous, se voulant « simple » ; l’art de la simplicité – sans guillemets cette fois – étant de s’accepter avec nos « complexités » d’un moment ou d’un autre au fil de nos longues vies…
Dan-Phil
13/08/2010 à 12:40
La simplicité, c’est bel et bien aller à l’essentiel. Ce qui présuppose de savoir se battre face au consumérisme !